« Un glaçon avait giclé du verre. Il avait atterri sur le haut d’une enceinte à côté de moi, une enceinte recouverte de confettis d’argent qui se reflétaient dans ses arrêtes, et malgré la moiteur de l’endroit bondé, il trônait la intact, cristallin. Pas même l’amorce d’une infime petite flaque. Rien qui laissait présager du début à la fin, et c’était comme çà que ma vie m’apparaissait à quelques jours de mon quinzième anniversaire. Intacte, même quand certains points de non-retour semblaient déjà avoir été franchis. Sauf que la semaine prochaine, je n’aurai pas quinze ans. Ce glaçon à maintenant fondu depuis vingt cinq ans, et avec lui ont disparu l’insolence et la fièvre pour céder la place à la peur. »
Le style ANN SCOTT : Un style !
Si j’ai choisi de commencer ma chronique par une longue citation, c’est parce que cette comparaison placée au début du livre m’a littéralement séduit. Je ne pouvais que continuer la lecture de ce livre car de nombreuses pages comportent une phrase stylée se glissant sans aucun échec quelque soit la tonalité voulue par l’auteure suivant les étapes décrites.
J’admets que parfois j’ai éprouvé quelques difficultés à suivre l’auteure. C’est peut être d’ailleurs un souhait de cette dernière que le lecteur finisse par se perdre comme elle-même s’est perdue par moment réellement dans son histoire comme elle nous l’explique.
Malgré quelques passages difficiles, je n’ai pu que continuer ma lecture car je souhaitais toujours connaitre l’effet de style suivant et je n’ai pas été déçu car ce livre recèle de nombreux effets réussis.
Une histoire
Est-ce une autobiographie qui nous est proposée ici ? On reconnait bien l’auteure de Superstars qui décrit d’ailleurs son immersion dans le milieu littéraire avec brio. Ann SCOTT revient sur cette période particulière avec les interviews et le rythme suivi par cette dernière lors de la sortie de ce succès.
« Si je n’avais pas trébuché sur un arrosoir, dans la cour, je n’aurais peut être jamais parlé à ma voisine Stella. Je ne lui aurais pas offert mon premier roman et elle n’aurait pas eu cette phrase déterminante, le lendemain : « je n’ai aucune complaisance pour les gens qui ont du talent et qui n’en font rien. »
Ses rapports avec les autres que cela soit avec sa famille ou ses amies sont également décrits dans ce livre. Nous découvrons des phrases poignantes fortes en émotions :
« Lorsqu’on a un père orphelin et une mère qui a perdu la sienne à la naissance, j’imagine qu’on ne peut pas leur en vouloir de ne pas avoir su donner ce qu’ils n’ont pas reçu. »
En réalité, dans ce livre, une femme de quarante ans porte un regard sur sa vie en regardant derrière elle pour tenter de trouver des réponses.
« Je suis restée à regarder le portable dans ma main. Stella quittait Paris, ma belle mère aimait Joan JETT, mon père portait des chemises de nui, mon frère avait déjà dix huit ans et Marie adoptait un enfant »
Vous pouvez retrouver sur ce blog l'ensemble de mes chroniques littéraires réalisées pour le site 1001livres mais également l'évolution de mes différents projets. Bonne lecture à tous!
samedi 11 septembre 2010
Apocalypse bébé de Virginie DESPENTES
« Je prendrais les frais en charge. Nous ferons un avenant au contrat original. J’offre une prime de cinq mille euros si vous la ramenez en quinze jours. En contrepartie, si vous n’obtenez aucun résultat, je vous ferai vivre l’enfer sur terre. Nous avons des relations et j’imagine qu’une agence comme la vôtre n’a aucune envie de subir toute une série de contrôles…désagréables. Sans parler de la mauvaise publicité. » Nous sommes au début du livre et déjà quelques thèmes apparaissent : argent, relation, enquête mais ne nous arrêtons pas en si bon chemin…
Une histoire simple
Lucie détective spécialisée dans la surveillance de mineurs fait ce boulot depuis une dizaine d’années sans réellement s’y intéresser. Elle gagne sa vie correctement mais sans augmentation de salaire et la crise de la trentaine aidant, elle réfléchit souvent à sa condition humaine. Au cours d’une filature, elle va perdre la trace de Valentine. Valentine, adolescente de son époque, avec un père écrivain, une grand-mère envahissante et une belle mère qu’elle n’apprécie pas beaucoup, va entraîner Lucie dans une sorte de nouvelle vie. En effet, peu habituée à traiter des affaires de fugue et elle-même détective par défaut et sans grand intéressement à son métier, elle va faire appel à la Hyène, femme d’expérience et de réseau qui va lui faire découvrir un autre visage de la société. Elles vont de Paris à Barcelone partir à la recherche de cette adolescente.
« Depuis que je travaille ici, j’enrage d’être cantonnée à la surveillance des adolescents. Aucun gamin ne peut fumer un joint tranquille sans que je lui colle personnellement au cul. »
Une société en sursis
Virginie Despentes nous décrit une société en sursis. Derrière chaque mot, chaque passage, nous ne ressentons qu’une profonde tristesse que nous percevons dans le regard d’une femme sans concession. Les lesbiennes, les catholiques, les femmes avides d’argent, les hommes de pouvoir ou qui pensent en avoir, le milieu de la littérature et celui des nouvelles technologies et des réseaux sociaux, les catholiques, les musulmans, les adolescents, l’extrême gauche, le milieu médical…chacun en prendra pour son compte. Nous sentons une grande tristesse de notre société contemporaine et la fin ne sera qu’une illustration du titre de ce livre.
« Il avait honte rétrospectivement, de ne pas avoir anticipé ce que deviendrait le livre, une industrie un peu plus bête qu’une autre. Vieille rombière outragée, minaudant dans des robes en lambeaux. Ardisson Canal+Inrocks,. Des ennemis dont on n’avait pas saisi le pouvoir de nuisance. Ni de droite, ni de gauche. Ni classiques, ni modernes. Des gens de télé. Bien de leur époque. Des pitcheurs, avides de chair fraîche, gourmands d’audience»
Un style et un point de vue en suspens
Le style Virginie Despentes ? Je n’ai pas lu son célèbre Baise moi qui avait fait sensation il y a quelques années et je commence ainsi mon premier Despentes avec ce livre. Un style auquel je m’attendais au fond. Aucune surprise et je pense que les habitués de l’auteure ne seront pas très étonnés également. Le style de l’ouvrage correspond à celui de l’auteure que l’on voit sur les plateaux télévisés. Même si cela serait bien réducteur de limiter l’auteure à son livre et vice versa…
Les mots sont parfois crus et des phrases assassines parcourent le livre. Les descriptions nous permettent de bien rentrer dans la peau des personnages mais parfois nous nous retrouvons dans de nombreuses longueurs où le lecteur peu attentif risque de se perdre. Pourtant, c’est bien dans ses nombreuses descriptions que le style DESPENTES éclate avec un attachement particulier à s’attarder sur la vision horrible de la société dans laquelle nous vivons.
Au sujet des français en vacances en Russie, Roumanie ou Thaïlande « Les français ont besoin de voir des pauvres qui ne les insultent pas. Ils savent qu’ils montent dans un bus blindé pour s’extasier sur les conditions de vie des pauvres dans leurs banlieues, ils vont se faire brûler le bus. Cà les met dans la détresse : toute cette pauvreté sur laquelle ils pourraient s’attendrir, lâcher une petite pièce et donner leurs vieilles fringues. Mais ces pauvres là sont méchants. Ca complique les choses, pour la charité chrétienne. »
Je ne peux pas terminer cette chronique sur un site regroupant des passionnés de littérature sans cette citation… « Fréquenter les artistes, elle s’en passe volontiers. Les sportifs, les politiques, çà peut l’impressionner. Mais artiste…toujours une imposture. En tête de sa liste du pire, sans hésitation, elle placerait les écrivains. Elle connait, elle a donné. Ce qui est offert d’une main aimable est reprise au centuple de l’autre, la main rapace, fouilleuse et sans scrupules. La main qui écrit, celle qui trahit, épingle et crucifie. »
Une histoire simple
Lucie détective spécialisée dans la surveillance de mineurs fait ce boulot depuis une dizaine d’années sans réellement s’y intéresser. Elle gagne sa vie correctement mais sans augmentation de salaire et la crise de la trentaine aidant, elle réfléchit souvent à sa condition humaine. Au cours d’une filature, elle va perdre la trace de Valentine. Valentine, adolescente de son époque, avec un père écrivain, une grand-mère envahissante et une belle mère qu’elle n’apprécie pas beaucoup, va entraîner Lucie dans une sorte de nouvelle vie. En effet, peu habituée à traiter des affaires de fugue et elle-même détective par défaut et sans grand intéressement à son métier, elle va faire appel à la Hyène, femme d’expérience et de réseau qui va lui faire découvrir un autre visage de la société. Elles vont de Paris à Barcelone partir à la recherche de cette adolescente.
« Depuis que je travaille ici, j’enrage d’être cantonnée à la surveillance des adolescents. Aucun gamin ne peut fumer un joint tranquille sans que je lui colle personnellement au cul. »
Une société en sursis
Virginie Despentes nous décrit une société en sursis. Derrière chaque mot, chaque passage, nous ne ressentons qu’une profonde tristesse que nous percevons dans le regard d’une femme sans concession. Les lesbiennes, les catholiques, les femmes avides d’argent, les hommes de pouvoir ou qui pensent en avoir, le milieu de la littérature et celui des nouvelles technologies et des réseaux sociaux, les catholiques, les musulmans, les adolescents, l’extrême gauche, le milieu médical…chacun en prendra pour son compte. Nous sentons une grande tristesse de notre société contemporaine et la fin ne sera qu’une illustration du titre de ce livre.
« Il avait honte rétrospectivement, de ne pas avoir anticipé ce que deviendrait le livre, une industrie un peu plus bête qu’une autre. Vieille rombière outragée, minaudant dans des robes en lambeaux. Ardisson Canal+Inrocks,. Des ennemis dont on n’avait pas saisi le pouvoir de nuisance. Ni de droite, ni de gauche. Ni classiques, ni modernes. Des gens de télé. Bien de leur époque. Des pitcheurs, avides de chair fraîche, gourmands d’audience»
Un style et un point de vue en suspens
Le style Virginie Despentes ? Je n’ai pas lu son célèbre Baise moi qui avait fait sensation il y a quelques années et je commence ainsi mon premier Despentes avec ce livre. Un style auquel je m’attendais au fond. Aucune surprise et je pense que les habitués de l’auteure ne seront pas très étonnés également. Le style de l’ouvrage correspond à celui de l’auteure que l’on voit sur les plateaux télévisés. Même si cela serait bien réducteur de limiter l’auteure à son livre et vice versa…
Les mots sont parfois crus et des phrases assassines parcourent le livre. Les descriptions nous permettent de bien rentrer dans la peau des personnages mais parfois nous nous retrouvons dans de nombreuses longueurs où le lecteur peu attentif risque de se perdre. Pourtant, c’est bien dans ses nombreuses descriptions que le style DESPENTES éclate avec un attachement particulier à s’attarder sur la vision horrible de la société dans laquelle nous vivons.
Au sujet des français en vacances en Russie, Roumanie ou Thaïlande « Les français ont besoin de voir des pauvres qui ne les insultent pas. Ils savent qu’ils montent dans un bus blindé pour s’extasier sur les conditions de vie des pauvres dans leurs banlieues, ils vont se faire brûler le bus. Cà les met dans la détresse : toute cette pauvreté sur laquelle ils pourraient s’attendrir, lâcher une petite pièce et donner leurs vieilles fringues. Mais ces pauvres là sont méchants. Ca complique les choses, pour la charité chrétienne. »
Je ne peux pas terminer cette chronique sur un site regroupant des passionnés de littérature sans cette citation… « Fréquenter les artistes, elle s’en passe volontiers. Les sportifs, les politiques, çà peut l’impressionner. Mais artiste…toujours une imposture. En tête de sa liste du pire, sans hésitation, elle placerait les écrivains. Elle connait, elle a donné. Ce qui est offert d’une main aimable est reprise au centuple de l’autre, la main rapace, fouilleuse et sans scrupules. La main qui écrit, celle qui trahit, épingle et crucifie. »
Mon guide de la défume comment j'ai dit Adieu au tabac de Martine PAGES
« Parce que je dis que les films sont moins beaux depuis que je ne fume plus, que le ciel bleu l’est moins, que mon mec n’a plus la voix aussi tendre, que les musiques que j’écoute ont l’air d’être moins mélodieuses, bref que la terre entière n’a plus le doux parfum du bonheur depuis que les oiseaux ne chantent plus à ma fenêtre et que mes fleurs sont éteintes, elles aussi. Moi, je pensais que c’était une jolie formule poétique pour dire combien le retour du tabac dans ma vie serait une richesse. »
Je ne suis pas fumeur. Certes, Je suis drogué à plusieurs choses mais pas à la cigarette. Je pense que mes addictions m’ont permis de comprendre le long combat de Martine Pagès dans sa volonté d’arrêter de fumer. Au-delà d’un livre témoignage, une femme nous dévoile sa vie à travers différentes facettes. Cette chronique se structure autour de plusieurs visions reprises par l’auteure elle-même à la fin de son livre.
« …Je suis défumeuse poète… »
Martine Pages est une poétesse de talent sachant jouer avec les mots en donnant toute une musicalité à cet exercice difficile dans lequel elle se livre entièrement. Nous passons bien par les cinq sens et des frissons parcourent notre corps en lisant certains passages tant elle nous fait rentrer dans son intimité. Que cela soit avec les médecins, les inquiétudes liées aux maladies ou à son petit copain, il ressort une grande sensibilité se retrouvant derrière chaque mot choisi avec talent.
« Christophe ne me manque même pas, toute mon attention et tous mes sens sont focalisés sur le vide immense qu’un morceau de papier fourré, à peine plus long qu’un doigt, laisse dans ma vie, plus plate que jamais, une morne plaine, sans contours ni reliefs, sans pleins ni déliés, et j’en arrive à prêter au tabac la responsabilité improbable de vision en 3D…. »
« …Je suis une défumeuse juvénile… »
Juvénile car l’écriture est dotée d’une grande modernité. Nous traversons notre époque avec l’ensemble des outils offerts aux fumeurs pour tenter d’arrêter la cigarette. Elle nous analyse également l’évolution législative et le nouveau phénomène invitant à la concentration des fumeurs dans un même lieu.Concernant les locaux aménagés pour les fumeurs, « je suis assez heureuse de ne pas faire partie des troupeaux entassés dans ces maisons de poupée, comme elles n’ont, entre nous, rien de conforme aux dimensions humaines. Lewis Carroll y aurait trouvé une grande inspiration, y aurait installé Alice, un peu gênée aux entournures, étouffant, gémissant dans sa quête d’air pur, prête à expirer, découragée par l’absence de fenêtres, déterminée par dépit à défoncer le toit… »
« …Je suis une défumeuse comique… »
L’auteure dévoile une plume ironique et souvent grinçante qui ne peut laisser indifférent. Les descriptions et les métaphores sont dotées d’un humour ravageur qui ferait presque oublier le dur combat pour arrêter une addiction. Faire de l’humour sur un tel sujet était un pari risqué mais il est *en attendant réussi.
« Je reçois le relevé de tous mes remboursements médicaux. Impressionnante, la fidélité dont je fais preuve…C’est tout juste si, au bas de la page, on ne me remercie pas de prêter si fréquemment la partie supérieure de mon corps à la science… »
« …Je suis une défumeuse championne… »
Se confier et ouvrir la porte de son studio sans tomber dans le stéréotype et la vulgarité est un exercice bien périlleux. Mais Martine Pagès est bien une championne de l’écriture et elle signe un livre avec brio regroupant l’ensemble des ingrédients nécessaires à la réalisation d’un excellent ouvrage. Il ne faudrait pas en plus oublier l’essentiel : il semble que l’auteure au bout de 36 mois n’a pas repris une cigarette.
« Je mets en parallèle la facilité déconcertante avec laquelle certains hommes peuvent se débarrasser d’une fille sans crainte d’en manquer, et ma difficulté de tirer un trait définitif sur les cigarettes. Je suis là, prostrée par le contraste, la bave en écharpe…Malgré tout, toujours no-fumeuse, par je ne sais quel miracle… »
« …Je suis une défumeuse de couverture de magazine… »
Nous retrouvons bien la chroniqueuse attachée à la beauté à travers de nombreuses petites allusions. Elle nous livre ici un portrait tendre d’une femme de son temps, consciente de l’exigence médiatique sans se laisser submerger par elle.
Lire ce livre ne tue pas, je le recommande pour un moment de pur plaisir !
Je ne suis pas fumeur. Certes, Je suis drogué à plusieurs choses mais pas à la cigarette. Je pense que mes addictions m’ont permis de comprendre le long combat de Martine Pagès dans sa volonté d’arrêter de fumer. Au-delà d’un livre témoignage, une femme nous dévoile sa vie à travers différentes facettes. Cette chronique se structure autour de plusieurs visions reprises par l’auteure elle-même à la fin de son livre.
« …Je suis défumeuse poète… »
Martine Pages est une poétesse de talent sachant jouer avec les mots en donnant toute une musicalité à cet exercice difficile dans lequel elle se livre entièrement. Nous passons bien par les cinq sens et des frissons parcourent notre corps en lisant certains passages tant elle nous fait rentrer dans son intimité. Que cela soit avec les médecins, les inquiétudes liées aux maladies ou à son petit copain, il ressort une grande sensibilité se retrouvant derrière chaque mot choisi avec talent.
« Christophe ne me manque même pas, toute mon attention et tous mes sens sont focalisés sur le vide immense qu’un morceau de papier fourré, à peine plus long qu’un doigt, laisse dans ma vie, plus plate que jamais, une morne plaine, sans contours ni reliefs, sans pleins ni déliés, et j’en arrive à prêter au tabac la responsabilité improbable de vision en 3D…. »
« …Je suis une défumeuse juvénile… »
Juvénile car l’écriture est dotée d’une grande modernité. Nous traversons notre époque avec l’ensemble des outils offerts aux fumeurs pour tenter d’arrêter la cigarette. Elle nous analyse également l’évolution législative et le nouveau phénomène invitant à la concentration des fumeurs dans un même lieu.Concernant les locaux aménagés pour les fumeurs, « je suis assez heureuse de ne pas faire partie des troupeaux entassés dans ces maisons de poupée, comme elles n’ont, entre nous, rien de conforme aux dimensions humaines. Lewis Carroll y aurait trouvé une grande inspiration, y aurait installé Alice, un peu gênée aux entournures, étouffant, gémissant dans sa quête d’air pur, prête à expirer, découragée par l’absence de fenêtres, déterminée par dépit à défoncer le toit… »
« …Je suis une défumeuse comique… »
L’auteure dévoile une plume ironique et souvent grinçante qui ne peut laisser indifférent. Les descriptions et les métaphores sont dotées d’un humour ravageur qui ferait presque oublier le dur combat pour arrêter une addiction. Faire de l’humour sur un tel sujet était un pari risqué mais il est *en attendant réussi.
« Je reçois le relevé de tous mes remboursements médicaux. Impressionnante, la fidélité dont je fais preuve…C’est tout juste si, au bas de la page, on ne me remercie pas de prêter si fréquemment la partie supérieure de mon corps à la science… »
« …Je suis une défumeuse championne… »
Se confier et ouvrir la porte de son studio sans tomber dans le stéréotype et la vulgarité est un exercice bien périlleux. Mais Martine Pagès est bien une championne de l’écriture et elle signe un livre avec brio regroupant l’ensemble des ingrédients nécessaires à la réalisation d’un excellent ouvrage. Il ne faudrait pas en plus oublier l’essentiel : il semble que l’auteure au bout de 36 mois n’a pas repris une cigarette.
« Je mets en parallèle la facilité déconcertante avec laquelle certains hommes peuvent se débarrasser d’une fille sans crainte d’en manquer, et ma difficulté de tirer un trait définitif sur les cigarettes. Je suis là, prostrée par le contraste, la bave en écharpe…Malgré tout, toujours no-fumeuse, par je ne sais quel miracle… »
« …Je suis une défumeuse de couverture de magazine… »
Nous retrouvons bien la chroniqueuse attachée à la beauté à travers de nombreuses petites allusions. Elle nous livre ici un portrait tendre d’une femme de son temps, consciente de l’exigence médiatique sans se laisser submerger par elle.
Lire ce livre ne tue pas, je le recommande pour un moment de pur plaisir !
Les rimes de l'amour de MARIE BARRILLON à lire de toute urgence!!
Aujourd’hui, dans un monde où la rapidité semble de mise dans l’ensemble des domaines tant privés que professionnels, ou l’argent roi omniprésent dans notre société hypercapitaliste guide vers des chemins sinueux, où sommes de pseudos poètes tentent d’aligner trois vers avec difficulté s’empressant de tenter de vendre un ou deux livres avec pour certains la certitude d’avoir inventé un concept novateur et qui nous le présentent comme un pot de yaourt, je suis heureux de voir que la poésie existe encore.
Si vous aimez la poésie, si vous êtes nostalgique de Ronsard, de Baudelaire (début de vie car à la fin on sait bien que dans mon cœur mis à nu…il a rencontré quelques difficultés), d’Apollinaire ou de Paul Eluard, ce recueil va rapidement devenir votre livre de chevet.
Au menu de ce livre : les mots pour les maux, les mots pour le temps, les mots pour l’amitié, les mots pour l’amour sont autant de thèmes abordés dans ce menu à la carte qui saura raviver la flamme des fins palais littéraires.
Ma gourmandise fait que je n’ai pu que savourer quelques vers en piochant au hasard dans le livre dans un premier temps, puis en reprenant soigneusement par la suite chaque poème dans l’ordre proposé. La suite, vous la connaissez cher lecteur puisqu’elle n’est pas finie et inavouable. Comme chaque livre de chevet, je pense que je vais continuer à picorer sans fin (ou faim…) ces quelques vers sans jamais me rassasier.
Si certains vers obéissent aux règles de la liberté, d’autres sont construits avec des rimes talentueuses. Le tout forme un ensemble de poèmes unis par la beauté des mots enivrants avec un rythme endiablé nous invitant à frissonner tout au long de la lecture.
Que dire d’autre à part citer quelques vers afin de vous dévoiler le style Marie Barrillon, poétesse de talent, auteure de qualité, chroniqueuse de passion et femme exceptionnellement généreuse.
« Tu as choisi les billets verts contre les billets du cœur
Amour, argent commencent par la même lettre
Mais n’ont jamais eu la même valeur »
Extrait du poème Luxure n’est pas amour
« J’ai senti ton parfum
Et puis la caresse de tes mains,
J’ai fermé les paupières
Pour prolonger le rêve.
Lorsque je les ai rouvertes,
Tu étais sur mon cœur. »
Extrait du poème Prière « Je vais t’apprendre en douceur
A fermer les yeux sur la peur
Faire de nos jours les meilleurs
En éparpillant toutes les saveurs »
Extrait de Pas dans une autre vie
« Son seul souhait serait de s’éteindre doucement,
Le moment venu, avec le sourire et l’apaisement,
L’ultime souffle comme un dernier baiser à l’être aimé
Les persiennes grandes ouvertes sur l’éternité étoilée. »
Extrait de Cœur
Une chronique à découvrir également en suivant ce lien:
http://www.1001-livres.fr/1614-Les%20rimes%20de%20l'amour
Si vous aimez la poésie, si vous êtes nostalgique de Ronsard, de Baudelaire (début de vie car à la fin on sait bien que dans mon cœur mis à nu…il a rencontré quelques difficultés), d’Apollinaire ou de Paul Eluard, ce recueil va rapidement devenir votre livre de chevet.
Au menu de ce livre : les mots pour les maux, les mots pour le temps, les mots pour l’amitié, les mots pour l’amour sont autant de thèmes abordés dans ce menu à la carte qui saura raviver la flamme des fins palais littéraires.
Ma gourmandise fait que je n’ai pu que savourer quelques vers en piochant au hasard dans le livre dans un premier temps, puis en reprenant soigneusement par la suite chaque poème dans l’ordre proposé. La suite, vous la connaissez cher lecteur puisqu’elle n’est pas finie et inavouable. Comme chaque livre de chevet, je pense que je vais continuer à picorer sans fin (ou faim…) ces quelques vers sans jamais me rassasier.
Si certains vers obéissent aux règles de la liberté, d’autres sont construits avec des rimes talentueuses. Le tout forme un ensemble de poèmes unis par la beauté des mots enivrants avec un rythme endiablé nous invitant à frissonner tout au long de la lecture.
Que dire d’autre à part citer quelques vers afin de vous dévoiler le style Marie Barrillon, poétesse de talent, auteure de qualité, chroniqueuse de passion et femme exceptionnellement généreuse.
« Tu as choisi les billets verts contre les billets du cœur
Amour, argent commencent par la même lettre
Mais n’ont jamais eu la même valeur »
Extrait du poème Luxure n’est pas amour
« J’ai senti ton parfum
Et puis la caresse de tes mains,
J’ai fermé les paupières
Pour prolonger le rêve.
Lorsque je les ai rouvertes,
Tu étais sur mon cœur. »
Extrait du poème Prière « Je vais t’apprendre en douceur
A fermer les yeux sur la peur
Faire de nos jours les meilleurs
En éparpillant toutes les saveurs »
Extrait de Pas dans une autre vie
« Son seul souhait serait de s’éteindre doucement,
Le moment venu, avec le sourire et l’apaisement,
L’ultime souffle comme un dernier baiser à l’être aimé
Les persiennes grandes ouvertes sur l’éternité étoilée. »
Extrait de Cœur
Une chronique à découvrir également en suivant ce lien:
http://www.1001-livres.fr/1614-Les%20rimes%20de%20l'amour
Voyages avec mon amant virtuel tome 1 - Le genou
« « Ah non ! Pas le genou ! Il t’a touché le genou ?! Ah non ! Je préférerais encore qu’il t’ait embrassée… » Je la rassure. Il n’a jamais fait que tester… « Attends d’avoir mon âge et d’être comme moi, flattée… ce n’est rien ! Ne t’en fais pas. Je ne suis pas une femme fatale. » »
Histoire simplifiée complexe
Une femme de 55 ans se fait draguer par un jeune millionnaire de trente ans à Londres. Elle est mariée et son mari Guy ne semble pas s’opposer à la liaison hypothétique de son épouse. Elle aime d’ailleurs jouer à le provoquer de temps en temps lorsqu’elle reçoit un texto de lui. Lui, c’est Myles, le fameux millionnaire. Le jeu de la séduction va être omniprésent tout au long du livre avec des attentes difficiles qui en disent parfois plus long que la réalité et les textos tendres ou étonnants qui traversent le livre.Le titre du livre résonne tout au long de l’histoire en réalité car ici il s’agit bien d’un voyage avec un amant virtuel. Nous traversons des villes mais aussi des époques accompagnées du doute et de la réflexion de la narratrice. Mais dans ce long fleuve d’hésitation, il y a ses amies, son mari, son neveu et même une élève de neuf ans. Chacun apporte son grain de sel à l’histoire et la large majorité la pousse dans les bras de Myles. Malgré tout, il y a Guy. Ce fameux mari quasiment chômeur une partie du livre, puis retraité, qui prépare les petits plats à la maison et repasse le linge.
Un style séduisant et humoristique
On ne se lasse jamais du style de Catherine BEAUFORT. Elle a su ingénieusement mettre son style au service de ce roman réussi avec dès le départ ses effets provoqués par les répétitions, les titres de chapitre accompagnés du degré de température ou encore les quelques définitions de terme avec la comparaison anglais/français. Tout au long de ces longues réflexions, nous retrouvons cet humour permettant de rendre la lecture de ce livre captivante et agréable.Quoi faire d’autre pour vous inviter cher lecteur à découvrir un style que de partager avec vous quelques pépites littéraires ?
Un exemple de définition et de comparaison :
« MARIAGEL’une des définitions du Petit Larousse illustré de 2003 est la suivante :« L’un des sept Sacrements de l’Église catholique. »MARRIAGE“Formal union of a man and a woman typically recognised by law.”The New Oxford Dictionary est démodé, cette fois-ci, car les homosexuels mâles et femelles peuvent se marier depuis cette année, comme l’a fait Elton John. »
Une longue phase de réflexion au début du livre dont voici un extrait…
« Tout a vraiment commencé, en fait, bien avant moi, bien avant elle, il y a déjà fort longtemps, quand les hommes étaient hommes et les femmes étaient femmes, et que même encore maintenant on ne le croit pas. Ou peut-être que si. »
A la découverte des dialogues :
« – J’aime vos cheveux ! Très classe !
– Merci !
– Êtes-vous mariée ?
– Oh oui ! Depuis trente ans ou plus !
– Pourquoi ne portez-vous pas d’alliance ?
– Mon mari et moi avions de l’eczéma sous nos alliances qui étaient larges à l’époque, alors nous avons arrêté de les porter. Le mariage représente bien autre chose de toute façon !
– Quoi par exemple…
– Une connexion émotionnelle…
– C’est ce que vous avez avec votre mari ?
– Oui. Quelquefois !
– Avez-vous eu des amants ?
– Non.
– Pourquoi pas ?
– Je ne sais pas. Je n’y ai pas réfléchi. Peut-être que je veux tout ou rien. Pas de jeux. À quoi bon ? »
Il ne vous reste plus qu’à découvrir ce petit bijou dans sa globalité.
Une chronique à découvrir sur le site 1001livres également.
http://www.1001-livres.fr/1599-Voyages%20avec%20mon%20amant%20virtuel%20tome%201%20-%20Le%20genou
Histoire simplifiée complexe
Une femme de 55 ans se fait draguer par un jeune millionnaire de trente ans à Londres. Elle est mariée et son mari Guy ne semble pas s’opposer à la liaison hypothétique de son épouse. Elle aime d’ailleurs jouer à le provoquer de temps en temps lorsqu’elle reçoit un texto de lui. Lui, c’est Myles, le fameux millionnaire. Le jeu de la séduction va être omniprésent tout au long du livre avec des attentes difficiles qui en disent parfois plus long que la réalité et les textos tendres ou étonnants qui traversent le livre.Le titre du livre résonne tout au long de l’histoire en réalité car ici il s’agit bien d’un voyage avec un amant virtuel. Nous traversons des villes mais aussi des époques accompagnées du doute et de la réflexion de la narratrice. Mais dans ce long fleuve d’hésitation, il y a ses amies, son mari, son neveu et même une élève de neuf ans. Chacun apporte son grain de sel à l’histoire et la large majorité la pousse dans les bras de Myles. Malgré tout, il y a Guy. Ce fameux mari quasiment chômeur une partie du livre, puis retraité, qui prépare les petits plats à la maison et repasse le linge.
Un style séduisant et humoristique
On ne se lasse jamais du style de Catherine BEAUFORT. Elle a su ingénieusement mettre son style au service de ce roman réussi avec dès le départ ses effets provoqués par les répétitions, les titres de chapitre accompagnés du degré de température ou encore les quelques définitions de terme avec la comparaison anglais/français. Tout au long de ces longues réflexions, nous retrouvons cet humour permettant de rendre la lecture de ce livre captivante et agréable.Quoi faire d’autre pour vous inviter cher lecteur à découvrir un style que de partager avec vous quelques pépites littéraires ?
Un exemple de définition et de comparaison :
« MARIAGEL’une des définitions du Petit Larousse illustré de 2003 est la suivante :« L’un des sept Sacrements de l’Église catholique. »MARRIAGE“Formal union of a man and a woman typically recognised by law.”The New Oxford Dictionary est démodé, cette fois-ci, car les homosexuels mâles et femelles peuvent se marier depuis cette année, comme l’a fait Elton John. »
Une longue phase de réflexion au début du livre dont voici un extrait…
« Tout a vraiment commencé, en fait, bien avant moi, bien avant elle, il y a déjà fort longtemps, quand les hommes étaient hommes et les femmes étaient femmes, et que même encore maintenant on ne le croit pas. Ou peut-être que si. »
A la découverte des dialogues :
« – J’aime vos cheveux ! Très classe !
– Merci !
– Êtes-vous mariée ?
– Oh oui ! Depuis trente ans ou plus !
– Pourquoi ne portez-vous pas d’alliance ?
– Mon mari et moi avions de l’eczéma sous nos alliances qui étaient larges à l’époque, alors nous avons arrêté de les porter. Le mariage représente bien autre chose de toute façon !
– Quoi par exemple…
– Une connexion émotionnelle…
– C’est ce que vous avez avec votre mari ?
– Oui. Quelquefois !
– Avez-vous eu des amants ?
– Non.
– Pourquoi pas ?
– Je ne sais pas. Je n’y ai pas réfléchi. Peut-être que je veux tout ou rien. Pas de jeux. À quoi bon ? »
Il ne vous reste plus qu’à découvrir ce petit bijou dans sa globalité.
Une chronique à découvrir sur le site 1001livres également.
http://www.1001-livres.fr/1599-Voyages%20avec%20mon%20amant%20virtuel%20tome%201%20-%20Le%20genou
Lignes de vie de SAMANTHA BAILLY
« Nous sommes tous d’immenses barrages remplis d’eau, ces sentiments qui cognent fort, toujours plus fort…jusqu’à ce que les parois se fissurent. » Une belle métaphore relevée dans ce livre de qualité.
Les échanges épistolaires et le style Samantha BAILLY
Je suis un passionné de littérature et les échanges épistolaires ont toujours été pour moi un réel moment de partage et d’émotion. Je me surprends parfois à piocher au hasard une lettre dans un livre épistolaire et à relire à partir de là toute la correspondance. La déception n’a pas été au rendez vous à la lecture de ce livre, je me suis encore laissé prendre au piège.
Je vous rassure cher lecteur, j’ai lu entièrement le livre de cette jeune plume prometteuse. Je peux même vous assurer qu’en deux soirées le livre était terminé. Je ne pouvais plus m’arrêter, le souhait de toujours connaître la lettre suivante m’envahissait. La pire erreur étant peut être dans ce style particulier l’essoufflement et la perte du lecteur mais ici ce n’est réellement pas le cas, on se laisse entrainer rapidement par ce style séduisant. Les mots sont habilement utilisés et les deux personnages se dévoilent à un bon rythme. Nous noterons d’ailleurs l’évolution des termes utilisés pour clôturer les lettres, un souci du détail réfléchi laissant place au changement de tonalité des relations. Le passage du tutoiement au vouvoiement est rondement mené en se faisant tout en douceur. Au fur et à mesure que l’on avance dans l’histoire, j’ai eu peur d’une chose : c’est que je retrouve ce fameux essoufflement à la fin. Mais le pari est réussi, il est même plus que réussi car les plus sensibles verseront une petite larme dans les dernières lettres…mais je ne vous dirai rien cher lecteur de plus…est ce qu’il s’agit de larmes de joie, d’anxiété, de peur, de trouble? Non, non et non, vous devez lire ce livre pour ressentir les frissons dans votre propre corps.
L’histoire
Tout commence le samedi 21 novembre 2009 à Caen. Gabrielle reçoit dans sa boite aux lettres une étrange lettre d’Antoine. Ce dernier l’a postée par hasard (en apparence seulement…) dans cette boite en expliquant que « nous ne nous connaissons pas mais j’ai eu l’envie irrésistible d’écrire ». Gabrielle malgré quelques réticences va petit à petit se prendre au jeu et les échanges vont s’intensifier jusqu'à devenir indispensables. La forme peut surprendre à l’heure des réseaux sociaux et des différents « chat » mais comme l’explique Antoine ;
« Ici, c’est juste plus réel, parce qu’il y a le contact du papier, le fait de poster l’enveloppe plutôt que de cliquer simplement sur « envoyer » ».
Au fur et à mesure, les protagonistes se dévoilent. Le travail pour l’un, la vie universitaire et les doutes pour l’autre mais aussi leur couple respectif. Leur vision de la société actuelle est également abordée avec réflexion et de nombreuses pensées. D’ailleurs Gabrielle n’hésitera pas à dire que « cette correspondance me donne l’illusion d’un jardin secret. »
Si le livre ne se compose que de lettres, Antoine et Gabrielle vont malgré tout se rencontrer physiquement le jeudi 4 mars 2010. Cela sera source de réflexions et d’interrogations.
« Alors, comme toi, je me demande si se rencontrer c’est une bonne idée ; quelque part, ne serait ce pas rompre cette sphère intime de confidences ou le jugement de l’autre, inconnu, n’a aucune importance. »
La relation homme femme : vers les chemins de la complexité
On s’interroge souvent sur la réelle possibilité de la relation d’amitié homme/femme. Leurs échanges semblent clairs, ils sont même précisés au milieu du livre très nettement par Antoine sur demande de Gabrielle mais au fond est ce que ce n’est pas qu’une clarté remplie d’obscurantisme ?
« Tu comprends, quelque part, nous restons des étrangers l’un pour l’autre, et aussi, il faut bien le dire, un homme et une femme ».
Le pari est trois fois réussi, dans le style, dans l’histoire et dans la traduction du rapport homme/femme. Un livre à lire sans hésitation.
Une chronique à découvrir sur le site 1001livres également:
http://www.1001-livres.fr/1564-Lignes%20de%20vie
Les échanges épistolaires et le style Samantha BAILLY
Je suis un passionné de littérature et les échanges épistolaires ont toujours été pour moi un réel moment de partage et d’émotion. Je me surprends parfois à piocher au hasard une lettre dans un livre épistolaire et à relire à partir de là toute la correspondance. La déception n’a pas été au rendez vous à la lecture de ce livre, je me suis encore laissé prendre au piège.
Je vous rassure cher lecteur, j’ai lu entièrement le livre de cette jeune plume prometteuse. Je peux même vous assurer qu’en deux soirées le livre était terminé. Je ne pouvais plus m’arrêter, le souhait de toujours connaître la lettre suivante m’envahissait. La pire erreur étant peut être dans ce style particulier l’essoufflement et la perte du lecteur mais ici ce n’est réellement pas le cas, on se laisse entrainer rapidement par ce style séduisant. Les mots sont habilement utilisés et les deux personnages se dévoilent à un bon rythme. Nous noterons d’ailleurs l’évolution des termes utilisés pour clôturer les lettres, un souci du détail réfléchi laissant place au changement de tonalité des relations. Le passage du tutoiement au vouvoiement est rondement mené en se faisant tout en douceur. Au fur et à mesure que l’on avance dans l’histoire, j’ai eu peur d’une chose : c’est que je retrouve ce fameux essoufflement à la fin. Mais le pari est réussi, il est même plus que réussi car les plus sensibles verseront une petite larme dans les dernières lettres…mais je ne vous dirai rien cher lecteur de plus…est ce qu’il s’agit de larmes de joie, d’anxiété, de peur, de trouble? Non, non et non, vous devez lire ce livre pour ressentir les frissons dans votre propre corps.
L’histoire
Tout commence le samedi 21 novembre 2009 à Caen. Gabrielle reçoit dans sa boite aux lettres une étrange lettre d’Antoine. Ce dernier l’a postée par hasard (en apparence seulement…) dans cette boite en expliquant que « nous ne nous connaissons pas mais j’ai eu l’envie irrésistible d’écrire ». Gabrielle malgré quelques réticences va petit à petit se prendre au jeu et les échanges vont s’intensifier jusqu'à devenir indispensables. La forme peut surprendre à l’heure des réseaux sociaux et des différents « chat » mais comme l’explique Antoine ;
« Ici, c’est juste plus réel, parce qu’il y a le contact du papier, le fait de poster l’enveloppe plutôt que de cliquer simplement sur « envoyer » ».
Au fur et à mesure, les protagonistes se dévoilent. Le travail pour l’un, la vie universitaire et les doutes pour l’autre mais aussi leur couple respectif. Leur vision de la société actuelle est également abordée avec réflexion et de nombreuses pensées. D’ailleurs Gabrielle n’hésitera pas à dire que « cette correspondance me donne l’illusion d’un jardin secret. »
Si le livre ne se compose que de lettres, Antoine et Gabrielle vont malgré tout se rencontrer physiquement le jeudi 4 mars 2010. Cela sera source de réflexions et d’interrogations.
« Alors, comme toi, je me demande si se rencontrer c’est une bonne idée ; quelque part, ne serait ce pas rompre cette sphère intime de confidences ou le jugement de l’autre, inconnu, n’a aucune importance. »
La relation homme femme : vers les chemins de la complexité
On s’interroge souvent sur la réelle possibilité de la relation d’amitié homme/femme. Leurs échanges semblent clairs, ils sont même précisés au milieu du livre très nettement par Antoine sur demande de Gabrielle mais au fond est ce que ce n’est pas qu’une clarté remplie d’obscurantisme ?
« Tu comprends, quelque part, nous restons des étrangers l’un pour l’autre, et aussi, il faut bien le dire, un homme et une femme ».
Le pari est trois fois réussi, dans le style, dans l’histoire et dans la traduction du rapport homme/femme. Un livre à lire sans hésitation.
Une chronique à découvrir sur le site 1001livres également:
http://www.1001-livres.fr/1564-Lignes%20de%20vie
Confessions d'un banquier pourri de Crésus
« Vous ne me connaissez pas, vous n’avez jamais entendu parler de moi. J’ai grandi dans l’ombre, au cœur du sérail de l’argent. Je suis un parasite de la haute finance, l’un des membres du directoire d’une des plus grandes banque de France. A peine surpayé, j’ai ramassé quelques millions d’euros en une quinzaine d’années. Une paille, comparé aux salaires et aux primes des traders que je dirige. »
Première question dont je me moque mais qui est importante…
Voila, dans ma petite citation introductive, j’ai repris ce qui a le plus intéressé la presse lors de la sortie de ce livre. Tous ont tenté de répondre à la question qui est Crésus. Je vous informe de suite, je ne le sais pas et je m’en moque. Ce n’est pas une chose importante au fond. Des indices se glissent tout au long du livre mais cela peut aussi bien être un véritable membre du directoire d’une grande banque française (certains étant partis avec la crise…) qu’un fin connaisseur des marchés financiers qui a souhaité s’amuser avec ce livre. Dans tous les cas, ici, nous avons un livre habilement mené avec une description qui ne doit pas être très loin d’une réalité inquiétante sur le système financier.
Un véritable thriller
Le personnage principal, Damien, occupe un poste de directeur général dans une grande banque française. Au fil de ces rencontres, il va apprendre, avec un temps d’avance, que Lehman Brothers est mort. « Certains journalistes se souviennent qu’un an auparavant, le magazine Fortune avait décerné à cet établissement prestigieux le titre de « banque d’investissement la plus admirée des Etats Unis ».
C’est une prostituée de luxe qui va lui révéler ces informations avant tout le monde et cela va lui être confirmé par un autre acteur de la finance mondiale influent. Nous sommes dans un véritable thriller dans lequel Damien va tenter de gagner beaucoup plus d’argent qu’il en gagne actuellement (selon lui) à travers un instrument financier, le SWAP. Si au départ, Damien apparaît comme le salarié modèle prêtant attention à son entreprise et aux conséquences des actes catastrophiques menés, on s’aperçoit rapidement qu’il appartient bien à ce milieu où l’on retrouve drogue, sexe, délits d’initiés et politique. Une réunion montre l’état lamentable dans laquelle se trouve la banque et plus personne ne semble maîtriser ces chiffres.
« Voila qui étaient vraiment nos polytechniciens. Des polymagiciens de pacotille, forts en maths, certes, mais sans un sou de jugeote. »
Les différents acteurs de la finance et d’une certaine forme de sa chute sont passés au crible ici, des organismes de contrôle aux traders en passant par les économistes.
Le langage des marchés revisité
Dès le début, le style de l’auteur est agréable avec quelques métaphores intéressantes. Ainsi, le « syndrome de la saucisse » pour évoquer les subprimes m’a fait sourire.
« Eh bien, quand on m’interroge, je compare les banquiers à des bouchers pas très consciencieux. En fait, nous avons fait disparaitre les crédits à hauts risques dont nous voulions nous débarrasser en les mélangeant avec des créances de bonne qualité. La fabrication de ce cervelas d’un genre nouveau s’appelle la titrisation. Ensuite, on débite les nouveaux titres en tranches, qu’on vend en engrangeant au passage de belles commissions. […] Quand les morceaux de viande avariée-en l’occurrence les subprimes-pourrissent et deviennent toxiques, çà contamine toute la saucisse, et les acheteurs tombent malades. […] Je pense que ceux qui ont trop mangé de saucisses ne s’en sortiront pas. Quant aux autres, ils considèrent désormais que tous les bouchers sont des escrocs et des empoisonneurs. »
Un petit livre sympathique qui séduira les admirateurs de la haute finance ou les passionnés de l’histoire économique.
Une chronique à découvrir également en suivant ce lien:
http://www.1001-livres.fr/1377-Confessions%20d'un%20banquier%20pourri
Première question dont je me moque mais qui est importante…
Voila, dans ma petite citation introductive, j’ai repris ce qui a le plus intéressé la presse lors de la sortie de ce livre. Tous ont tenté de répondre à la question qui est Crésus. Je vous informe de suite, je ne le sais pas et je m’en moque. Ce n’est pas une chose importante au fond. Des indices se glissent tout au long du livre mais cela peut aussi bien être un véritable membre du directoire d’une grande banque française (certains étant partis avec la crise…) qu’un fin connaisseur des marchés financiers qui a souhaité s’amuser avec ce livre. Dans tous les cas, ici, nous avons un livre habilement mené avec une description qui ne doit pas être très loin d’une réalité inquiétante sur le système financier.
Un véritable thriller
Le personnage principal, Damien, occupe un poste de directeur général dans une grande banque française. Au fil de ces rencontres, il va apprendre, avec un temps d’avance, que Lehman Brothers est mort. « Certains journalistes se souviennent qu’un an auparavant, le magazine Fortune avait décerné à cet établissement prestigieux le titre de « banque d’investissement la plus admirée des Etats Unis ».
C’est une prostituée de luxe qui va lui révéler ces informations avant tout le monde et cela va lui être confirmé par un autre acteur de la finance mondiale influent. Nous sommes dans un véritable thriller dans lequel Damien va tenter de gagner beaucoup plus d’argent qu’il en gagne actuellement (selon lui) à travers un instrument financier, le SWAP. Si au départ, Damien apparaît comme le salarié modèle prêtant attention à son entreprise et aux conséquences des actes catastrophiques menés, on s’aperçoit rapidement qu’il appartient bien à ce milieu où l’on retrouve drogue, sexe, délits d’initiés et politique. Une réunion montre l’état lamentable dans laquelle se trouve la banque et plus personne ne semble maîtriser ces chiffres.
« Voila qui étaient vraiment nos polytechniciens. Des polymagiciens de pacotille, forts en maths, certes, mais sans un sou de jugeote. »
Les différents acteurs de la finance et d’une certaine forme de sa chute sont passés au crible ici, des organismes de contrôle aux traders en passant par les économistes.
Le langage des marchés revisité
Dès le début, le style de l’auteur est agréable avec quelques métaphores intéressantes. Ainsi, le « syndrome de la saucisse » pour évoquer les subprimes m’a fait sourire.
« Eh bien, quand on m’interroge, je compare les banquiers à des bouchers pas très consciencieux. En fait, nous avons fait disparaitre les crédits à hauts risques dont nous voulions nous débarrasser en les mélangeant avec des créances de bonne qualité. La fabrication de ce cervelas d’un genre nouveau s’appelle la titrisation. Ensuite, on débite les nouveaux titres en tranches, qu’on vend en engrangeant au passage de belles commissions. […] Quand les morceaux de viande avariée-en l’occurrence les subprimes-pourrissent et deviennent toxiques, çà contamine toute la saucisse, et les acheteurs tombent malades. […] Je pense que ceux qui ont trop mangé de saucisses ne s’en sortiront pas. Quant aux autres, ils considèrent désormais que tous les bouchers sont des escrocs et des empoisonneurs. »
Un petit livre sympathique qui séduira les admirateurs de la haute finance ou les passionnés de l’histoire économique.
Une chronique à découvrir également en suivant ce lien:
http://www.1001-livres.fr/1377-Confessions%20d'un%20banquier%20pourri
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