Vous pouvez retrouver sur ce blog l'ensemble de mes chroniques littéraires réalisées pour le site 1001livres mais également l'évolution de mes différents projets. Bonne lecture à tous!
dimanche 1 mai 2011
La Casati de Camille de Peretti
« Le poète s’incline respectueusement et dit : « vous avez la pureté de la licorne, vous êtes la pureté incarnée. » en faisant glisser la pointe de sa barbe blonde à la naissance du bras de la jeune marquise. Il est le premier, il est l’homme d’exception qui trouve le diamant là où d’autres ne voient qu’un caillou. Elle est flattée. Plus que cela, elle est découverte. »
Comment proposer une chronique pour cette œuvre qui, selon moi, représente un OVNI littéraire ? Le talent peut-il se résumer en quelques mots, en quelques parties segmentées dans une chronique littéraire ? Cependant, en arrivant à la dernière page, il m’est apparu qu’écrire cette chronique était essentiel. On ne saurait lire le roman, La Casati, puis le refermer innocemment. Il restera dans mon panthéon littéraire, et c’est la raison pour laquelle, cher lecteur, je prends ma plume.
Une histoire et…
Je ne vous cacherai pas qu’en commençant ce livre, je ne savais pas qui était la marquise Casati… La quatrième de couverture nous dévoile quelques traits de cette femme née en 1881 et décédée en 1957, mais c’est sous une forme assez originale que nous allons apprendre à la connaître au cours de ces quelques pages. J’évoquerai le style dans une seconde partie.
Petite fille éduquée dans un monde riche, Luisa Amman perdit sa mère jeune, et son père, lui, s’occupa de ses affaires jusqu’à sa disparition, deux ans plus tard. Le mariage arrangé étant légion, elle épousa Camillo Casati le 22 juin 1900 voyant par ce biais, la possibilité de vivre sa vie comme elle l’entendait. Tout aurait pu être un long fleuve tranquille, et pourtant cette femme vit un jour sa vie basculer, de par sa rencontre avec le poète Gabriele d’Annunzino. Elle put alors réaliser son rêve : rencontrer des artistes. Ce fut le point de départ d’une nouvelle existence pour celle qui, une fois devenue la marquise Casati, se fit muse et mécène, toute en excès et en excentricité. Ce choix la conduisit sur des routes parfois sinueuses, du fait de ses caprices et de sa détermination à obtenir ce qu’elle souhaitait...
…L’autre histoire
Toutefois, l’écrivaine ne se contente nullement de nous raconter l’histoire de la Casati. Dans cette œuvre, elle se livre en cherchant, au fil des pages, des correspondances avec la vie de son héroïne. Elle s’en rapproche, s’en détache : « Je crois que c’est ici que nos chemins se séparent. En quelques mois, Luisa devient une véritable mondaine. Moi, je reste seule devant mon ordinateur. », ou bien se retrouve, mais surtout Camille de Peretti lève, de temps à autre, le voile sur ce qu’elle est, dans ce roman fort en émotions. La superposition entre des passages de sa vie personnelle et celle de la Casati est construite d’une façon saisissante et remarquable. Comment ne pas s’égarer ? Et, plus que toute autre chose, comment l’écrivaine parvient-elle à ne pas perdre son lecteur ? Assurément parce qu’est au rendez-vous, le talent.
Un OVNI littéraire
En parcourant la quatrième de couverture, le lecteur peut être tenté de penser que Camille de Peretti s’est lancée dans une biographie. Il n’en est rien ! D’ailleurs, l’écrivaine nous met en garde dès les premières pages, « Je ne sais pas faire une biographie. Et j’ai toujours aimé les beaux mensonges dans les livres et dans la vie. Ce livre est un roman. » Néanmoins, ne nous ment-elle pas un peu en nous disant que ce livre est un roman ? La réponse est dans la phrase certainement … Il y a également l’épigraphe, « C’est mon personnage, c’est mon trésor. J’ai le droit de lui faire dire ce que je veux. ». Dès le départ, on sent que l’auteure veut nous surprendre pour rester insaisissable et distante ; elle veut faire s’éloigner la moindre ambiguïté en nous expliquant que ce roman n’est pas une biographie. Vous noterez aussi, cher lecteur, l’utilisation du possessif que l’auteure utilisera plusieurs fois dans son roman.
« Je cherche en vain des anecdotes, des détails, des recoupements, mes recherches stagnent. Des pans entiers de la vie de Luisa restent muets. Elle vient me rendre visite en songe pour me tirer de ce mauvais pas. La nuit dernière, elle me montrait son petit doigt. »
Cela n’empêche pas de constater un travail de recherche immense et passionné. Derrière chaque mot, on le ressent, tout en nous en détachant. C’est alors que la romancière talentueuse se distancie de la biographie en laissant, dans certains passages, quelques indices concernant son travail de recherche à travers Internet, la lecture, ou encore les voyages lui permettant de revivre (et de nous faire revivre) des passages de vie de la Casati. Par moment, j’ai même souri en songeant aux reportages effectués par Camille de Peretti dans le cadre de Next libération dans le style d’écriture.
Cette alternance entre la vie de la marquise et celle de l’auteure représente un montage aussi judicieux qu’audacieux et dangereux, mais on ne peut plus réussi.
« Quand j’ai commencé à écrire ce roman, j’espérais que Luisa et moi finirions par nous trouver. Je ne prévoyais pas que cela se ferait de manière insidieuse, en ravivant des souvenirs enfouis et minuscules. »
mercredi 9 février 2011
Entretien avec Eva LUNABA
1°) A chaque fois que je commence un de tes livres, je me laisse emporter par l’impressionnante musicalité de tes mots. Quels sont tes secrets pour écrire ? As tu une recette miracle ?
J'écris en musique (du jazz en particulier), et je me laisse emporter par la mélodie. Puis je laisse respirer les mots, écoute les silences et me relis à haute voix. Si un mot rappe, je change le saphir de mon manuscrit pour que s'écoulent les notes jusqu'au point final de la sentence.
Je fais attention à chaque mot, vraiment, et n'emploie aucun d'eux au hasard, une écoute authentique. Il me faut plus d'une année d'écriture, de documentation, de correction pour présenter à mon éditeur mon manuscrit.
La Nouvelle me permet de ciseler le souffle au plus près. Et j'aime entretenir cette respiration par une ponctuation choisie et précise.
Souvent, les lecteurs me rapportent qu'ils ont l'impression de voir défiler une scène de film, l'emploi des démonstratifs ou de l'ellipse n'est pas anodin.
J'essaie de tenir par la main chacun de mes personnages, et de les mener au bout de leur destinée, aussi tragique soit-elle. Il n'y a aucune recette magique, seule une vraie rencontre avec le mot, qui m'est chair.
2°) Quelle définition donnerais tu de l’amour, thème de prédilection de tes livres ?
Il est mon essence ciel.
3°) Tu t’engages dans de nombreuses causes comme je peux le voir de temps en temps sur le net Quel rôle doit avoir l’auteur selon toi dans notre société contemporaine ?
Je suis une communicante, j'aspire à l'échange, au partage. Le goût de l'autre est au centre de mes activités professionnelles et de mes projets littéraires.
Faire du bénévolat, mener une campagne de Lecture Publique dans les établissements scolaires, tout comme défendre les droits de la Femme sont des actions d'équité. L'égalité des droits, des devoirs, des chances. Respecter La Convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et agir en conséquence. Citoyenne et responsable.
4°) Dans tant que c’est toi, tu abordes la relation amoureuse à travers un livre de George Sand relatant sa passion amoureuse avec Musset. Quels sont tes auteurs favoris ?
Ceux couchés au pied de mon lit, Aragon, Hemingway, Kessel, Musset, Nothomb, Sa Moreira, Sand, Schmitt, Vian, Zweig.
Et tant d'autres qui parsèment mon nid, squattent le moindre recoin de mon espace de vie.
5°) Quels sont tes projets pour les années à venir?
Assister, contribuer à l'envol de mon tout dernier livre, les Coucous aux Éditions Volpilière dans la collection Les belles Nouvelles. Croiser le regard de mes lecteurs lors des séances de dédicaces, et continuer à dénicher des illustrateurs et artistes talentueux tels que Rachel Bergeret (couverture) & Aurélie Foin (croquis intérieurs) qui ont collaboré à ce titre.
Poursuivre l'effeuillage du Sentiment, conserver la quintessence du pétale et aimer encore...
"Allô! ou les maux d'amour" (2003) consacré à une relation par téléphone, était le premier volet d'une composition intitulée Aimer pour de Beau , "Intime évidence" (2004) le second explorait une liaison par internet, le troisième "Chairâmi" dévoilait l'alcôve intime d'un couple, "Tant que c'est toi" (2006), était dédié à une liaison épistolaire. Quant au dernier, "Les Coucous" (2011) il déniche les petits crimes conjugaux.
dimanche 30 janvier 2011
Sculpteurs, Photographes, Peintres, Musiciens, Dessinateurs, Auteurs : CHICHE ?
Vous êtes :
Sculpteurs
Photographes
Dessinateurs
Musiciens
Peintres.
Vous souhaitez participer au projet CHICHE afin de faire découvrir vos œuvres. Il vous suffit de nous envoyer deux créations accompagnées de votre biographie et de votre photo à l’adresse mail suivante : chichecollectif@gmail.com
La biographie et la photo seront répertoriées dans un blog consacré à l’événement.
Vous êtes :
Auteur(e)s
Vous désirez proposer une poésie ou une nouvelle (1500 caractères maximum avec espace compris) autour d’une œuvre proposée par l’un des artistes présent sur le blog.
Ces œuvres sont répertoriées dans la rubrique « Appel à photos » du site suivant :
http://chichecollectif1.typepad.com/
La procédure est très simple, vous envoyez votre texte avec une biographie et une photo à l’adresse chichecollectif@gmail.com et un comité de lecture décidera de la diffusion du texte. Si le comité valide ce dernier, il sera mis en ligne sur le blog dans la semaine accompagné d’un message d’alerte sur l’événement.
Des questions ? Retrouvez le règlement complet de CHICHE sur l’événement ou sur le blog.
Merci de diffuser ce message aux personnes intéressées et n’hésitez pas à poser vos questions, nous sommes là pour vous répondre.
Laure & Clément
mercredi 12 janvier 2011
Tant que c'est toi Eva Lunaba
« Je guette vos lettres comme un enfant. Ne m’en voulez pas si je ne vous confie qu’une parcelle de moi, je ne me connais que depuis peu et ma vie se résume à rêver d’une femme qui n’a peut-être jamais existé et à peindre mes nuits qui se font si longues sans elle. Vous allez penser que je suis fou. Je crois l’être en effet. Fou d’une chimère. »
Le hasard existe-t-il ?
Maylis, bibliothécaire se retrouve bloquée à Paris après avoir manqué son TGV. En quête d’un endroit pour dormir, elle se retrouve dans un hôtel où elle va difficilement trouver une chambre suite à l’exposition consacrée à Georges Sand au Musée de la Vie Romantique. Nous comprenons vite qu’Armand, homme jaloux et possessif qui accompagne sa vie lui fait une crise lorsqu’il apprend qu’elle se retrouve seule dans cette chambre d’hôtel. Cette retrouvaille avec elle même n’est pourtant pas pour déplaire à Maylis qui va pouvoir un peu souffler de la possessivité de son compagnon.
Georges SAND et Alfred de MUSSET en filigrane de ce roman
Son regard va vite se porter sur un livre oublié dans cette chambre d’hôtel, il s’agit de Elle et Lui de Georges SAND relatant sa passion avec Musset. Ce livre n’est pas anodin pour Maylis et fait ressurgir à la surface une histoire passionnée vécue avec Liam, un homme qu’elle a aimé plus que tout et à qui elle avait offert ce livre. Un artiste peinte qui l’a lâchement abandonné un matin…pense-t-elle….C’est alors là, dans son plus profond désespoir qu’elle rencontra Armand qui ne fera que la sauver pour mieux la détruire…
La coïncidence est étrange et elle se replonge dans la lecture de ce livre. Elle s’apercevra avec stupéfaction qu’il manque deux pages…
En se rendant à cette fameuse exposition, elle demande au réceptionniste de l’hôtel s’il sait qui a oublié ce livre. Cela serait quelqu’un habitant Bordeaux selon ce dernier. Maylis indique au réceptionniste qu’elle va déposer le livre au musée au cas où l’homme cherche à le retrouver.
Elle laisse avec l’ouvrage une lettre à cet inconnu…qui ne pourrait ne pas en être un.
Une correspondance passionnée va naitre entre les deux. Maylis apprend au fil des lettres que cet homme a eu un grave accident et qu’il a perdu toute trace de son passé. Elle ne comprend pas comment il l’a pu l’oublier…car il semble bien s’agir de Liam...
« Quel fou faut-il être pour vous oublier ici-bas ?
Vous avez peint du bout des doigts un sentiment qui grandit sans cesse et s’épanouit à chacune de vos lettres. Vous abordez l’insondable et l’insoutenable avec une telle douceur, pour que veille toujours une lumière au bout de la nuit. Un phare, c’est le mot que je cherchais. Vous éclairez les âmes des marins à l’approche des récifs.
Votre cœur lourd est lié à cet homme. Pourrais-je un jour vous en délivrer ? »
Une beauté d’écriture
Eva LUNABA nous entraine dans une magnifique et forte histoire avec comme accompagnatrice une passion amoureuse intense. La jalousie, l’amour, la tristesse : les sentiments se mêlent dans cette plume talentueuse et renversante derrière chaque mot. La sensualité est omniprésente dans ce livre écrit d’une main de maître.
« Maylis n’entendait plus la voix de Liam qui se confondait en regrets. Il n’y aurait pas de rédemption, elle se tenait le ventre comme si on l’avait étripée. Elle aurait voulu lui cracher des flammes, l’occire à sa façon, mais elle ne le pouvait pas. Coquille vide, elle ne dominait plus rien. Elle l’aimait à s’en tourner le sang. Il était sa douleur préférée. »
lundi 27 décembre 2010
Entretien avec Martine PAGES
1°) Lauréate du prix de la Nouvelle organisée par PPDA en 2007, tu as publié une nouvelle (concours Volpilière 2008) et deux livres depuis (Céanothes et Potentilles éditions Volpilière et Mon guide de la défume aux éditions Guy Trédaniel).
Quelle est ton aventure avec l’écriture et quel rapport as-tu avec elle ?
L’écriture s’est imposée dès l’enfance. J’obtenais de bonnes notes. C’était la matière « français » qui me faisait « passer » de classe en classe.
J’entretiens un rapport sensuel avec elle. Il est aussi obsessionnel : si je commence un ouvrage, il m’est impossible de ne pas m’y atteler tous les jours. Des soucis de santé récents m’ont fait perdre du temps, je suis en train d’essayer de le rattraper. Mais des idées se sont envolées dans les névralgies. Pour le coup, c’est une véritable douleur. Deux ou trois chapitres, et la plaie sera pansée ! Je passe un temps incroyable à la correction. Le manuscrit se doit d’être aussi bon que beau. De la même façon qu’une petite main vérifie que l’envers de son napperon est aussi réussi que l’endroit, je suis très sévère avec moi-même et ne m’accorde aucune excuse.
2°) « Tous les romans viennent du cœur » disait François Mauriac. Je sens derrière chaque mot que tu écris une profonde sensibilité que cela soit dans ton roman ou dans le guide de la défume. Que penses tu de cette citation ? Est ce qu’elle te parle ?
Oui, radicalement. J’ai conscience que mon cerveau m’oriente vers de jolis mots et surveille les règles d’une bonne syntaxe. Pour autant, il s’agit bien d’émotions, de partage, de générosité et d’abandon. Je sais mon cœur coutumier du fait. Mais je suis assez scolaire. Aussi, il y a une part de raison qui me dicte de rédiger mes textes à l’attention des personnes que je veux toucher.
Oops, eh bien non, on en revient toujours au cœur, finalement…
3°) Dans mon guide de la Défume, on voit la femme passionnée que tu es et la passion rime souvent avec excès. Si tu as arrêté de fumer, tu n’en as pas perdu la passion. Quels sont tes nouvelles drogues/excès ?
Ok. Je suis un régime drastique, ce qui proscrit les ruées sur les frites. Je bois une douzaine de thés verts par jour, qui me donne l’illusion de la chaleur que la cigarette m’offrait, quand sa fumée pénétrait ma gorge. C’est un bon leurre. Et un leurre bio ! J’ai un peu jeté mon dévolu sur un très bon Anjou. C’est assez récurrent, mais pas alarmant. Deux verres le soir m’apaisent et je mets au défi quiconque de m’observer me rouler par terre et d’en faire le récit.
4°) Quels sont les auteurs classiques et/ou contemporains que tu apprécies ?
Je vénère littéralement Claire Castillon. Helena Noguerra m’a également touchée ; ses deux romans sont de véritables prouesses. J’attends le troisième avec impatience. Ces deux auteures sont capables d’une « impudeur de bon goût ». Elles sont très littéraires et leurs mots font transpirer une lucidité rare. Marie Billetdoux aura été mon premier coup de foudre. C’est bien elle qui m’a appris, à la lecture de « Prends garde à la douceur des choses » à décrire les émois vifs et confondants, qui ponctuent chacun de mes livres.
5°) Dans Céanothes et Potentilles, Blanche, personnage principal, se retrouve seule. Est- ce que l’écrivain Martine Pagès se sent seule ou est-elle bien entourée dans le milieu littéraire ?
J’ai la prétention d’être liée à deux maisons d’éditions. Elisabeth Mozzanini m’a donné par deux fois ma chance et sait procéder au mieux avec ses auteurs (Volpilière). Les éditions Guy Tredaniel ont cru en moi pour « Le guide de la défume ». Deux romans la même année, c’est une belle façon de faire la nique aux fortunes qu’on a tous dépensées aux PTT. Oui, je me sens affreusement seule, même si ma famille est on ne peut plus présente. Lorsque l’on n’a ni mari ni enfant, on entend souvent « Tes livres, tu en as accouché ». C’est faux. Rien ne remplace des coups de pieds dans le ventre ni la délivrance. Je n’ai pas eu la joie de traduire un test de grossesse et aucun homme n’a coupé le cordon pour me promettre la protection. Je ne veux plus entendre ce genre d’aberrations venant de…parents.
6°) Parmi les nombreux passages de qualité de Céanothes et Potentilles, un a retenu mon attention « Blanche veut le Simple et le Simple est un panneau d’interdiction, un passage piéton au petit bonhomme programmé pour être toujours rouge, si bien que si l’on est à pied, on peut attendre des années avant de traverser la chaussée. On lui dirait bien de prendre des chemins de traverse, à Blanche ».
Est ce que Martine PAGES est en train d’attendre que le petit bonhomme passe au vert, est-elle en voiture sur une autoroute ou bien s’apprête-t-elle à prendre des chemins de traverse ?
J’ai tenté les chemins de traverse, à pieds, par curiosité, pour faire différent. Ça ne m’a pas toujours réussi. Sur les conseils de personnes qui se prétendaient avisées, j’ai finalement roulé en auto sur de grands axes. Or, sur ces autoroutes, les accidents sont effrayants, voire mortels. Ma voiture stationne en ce moment même dans mon garage et je l’ai vidée de son essence. Je tente de trouver un chemin suffisamment balisé, mais sans arrêts imposés. Avec bonhomme bleu. Oui, je sais…
7°) Je pense à Mon guide de la Défume en cette fin d’année. Quels sont tes vœux pour 2011?
Un vœu de princesse. Trouver l’amour. Ce sera un moteur neuf. J’irai alors faire le plein et m’essayerai à tous les trajets que proposent les cartes routières. Sans crainte de panne sèche, ni de chaos. Enfin.
1°) Lauréate du prix de la Nouvelle organisée par PPDA en 2007, tu as publié une nouvelle (concours Volpilière 2008) et deux livres depuis (Céanothes et Potentilles éditions Volpilière et Mon guide de la défume aux éditions Guy Trédaniel).
Quelle est ton aventure avec l’écriture et quel rapport as-tu avec elle ?
L’écriture s’est imposée dès l’enfance. J’obtenais de bonnes notes. C’était la matière « français » qui me faisait « passer » de classe en classe.
J’entretiens un rapport sensuel avec elle. Il est aussi obsessionnel : si je commence un ouvrage, il m’est impossible de ne pas m’y atteler tous les jours. Des soucis de santé récents m’ont fait perdre du temps, je suis en train d’essayer de le rattraper. Mais des idées se sont envolées dans les névralgies. Pour le coup, c’est une véritable douleur. Deux ou trois chapitres, et la plaie sera pansée ! Je passe un temps incroyable à la correction. Le manuscrit se doit d’être aussi bon que beau. De la même façon qu’une petite main vérifie que l’envers de son napperon est aussi réussi que l’endroit, je suis très sévère avec moi-même et ne m’accorde aucune excuse.
2°) « Tous les romans viennent du cœur » disait François Mauriac. Je sens derrière chaque mot que tu écris une profonde sensibilité que cela soit dans ton roman ou dans le guide de la défume. Que penses tu de cette citation ? Est ce qu’elle te parle ?
Oui, radicalement. J’ai conscience que mon cerveau m’oriente vers de jolis mots et surveille les règles d’une bonne syntaxe. Pour autant, il s’agit bien d’émotions, de partage, de générosité et d’abandon. Je sais mon cœur coutumier du fait. Mais je suis assez scolaire. Aussi, il y a une part de raison qui me dicte de rédiger mes textes à l’attention des personnes que je veux toucher.
Oops, eh bien non, on en revient toujours au cœur, finalement…
3°) Dans mon guide de la Défume, on voit la femme passionnée que tu es et la passion rime souvent avec excès. Si tu as arrêté de fumer, tu n’en as pas perdu la passion. Quels sont tes nouvelles drogues/excès ?
Ok. Je suis un régime drastique, ce qui proscrit les ruées sur les frites. Je bois une douzaine de thés verts par jour, qui me donne l’illusion de la chaleur que la cigarette m’offrait, quand sa fumée pénétrait ma gorge. C’est un bon leurre. Et un leurre bio ! J’ai un peu jeté mon dévolu sur un très bon Anjou. C’est assez récurrent, mais pas alarmant. Deux verres le soir m’apaisent et je mets au défi quiconque de m’observer me rouler par terre et d’en faire le récit.
4°) Quels sont les auteurs classiques et/ou contemporains que tu apprécies ?
Je vénère littéralement Claire Castillon. Helena Noguerra m’a également touchée ; ses deux romans sont de véritables prouesses. J’attends le troisième avec impatience. Ces deux auteures sont capables d’une « impudeur de bon goût ». Elles sont très littéraires et leurs mots font transpirer une lucidité rare. Marie Billetdoux aura été mon premier coup de foudre. C’est bien elle qui m’a appris, à la lecture de « Prends garde à la douceur des choses » à décrire les émois vifs et confondants, qui ponctuent chacun de mes livres.
5°) Dans Céanothes et Potentilles, Blanche, personnage principal, se retrouve seule. Est- ce que l’écrivain Martine Pagès se sent seule ou est-elle bien entourée dans le milieu littéraire ?
J’ai la prétention d’être liée à deux maisons d’éditions. Elisabeth Mozzanini m’a donné par deux fois ma chance et sait procéder au mieux avec ses auteurs (Volpilière). Les éditions Guy Tredaniel ont cru en moi pour « Le guide de la défume ». Deux romans la même année, c’est une belle façon de faire la nique aux fortunes qu’on a tous dépensées aux PTT. Oui, je me sens affreusement seule, même si ma famille est on ne peut plus présente. Lorsque l’on n’a ni mari ni enfant, on entend souvent « Tes livres, tu en as accouché ». C’est faux. Rien ne remplace des coups de pieds dans le ventre ni la délivrance. Je n’ai pas eu la joie de traduire un test de grossesse et aucun homme n’a coupé le cordon pour me promettre la protection. Je ne veux plus entendre ce genre d’aberrations venant de…parents.
6°) Parmi les nombreux passages de qualité de Céanothes et Potentilles, un a retenu mon attention « Blanche veut le Simple et le Simple est un panneau d’interdiction, un passage piéton au petit bonhomme programmé pour être toujours rouge, si bien que si l’on est à pied, on peut attendre des années avant de traverser la chaussée. On lui dirait bien de prendre des chemins de traverse, à Blanche ».
Est ce que Martine PAGES est en train d’attendre que le petit bonhomme passe au vert, est-elle en voiture sur une autoroute ou bien s’apprête-t-elle à prendre des chemins de traverse ?
J’ai tenté les chemins de traverse, à pieds, par curiosité, pour faire différent. Ça ne m’a pas toujours réussi. Sur les conseils de personnes qui se prétendaient avisées, j’ai finalement roulé en auto sur de grands axes. Or, sur ces autoroutes, les accidents sont effrayants, voire mortels. Ma voiture stationne en ce moment même dans mon garage et je l’ai vidée de son essence. Je tente de trouver un chemin suffisamment balisé, mais sans arrêts imposés. Avec bonhomme bleu. Oui, je sais…
7°) Je pense à Mon guide de la Défume en cette fin d’année. Quels sont tes vœux pour 2011?
Un vœu de princesse. Trouver l’amour. Ce sera un moteur neuf. J’irai alors faire le plein et m’essayerai à tous les trajets que proposent les cartes routières. Sans crainte de panne sèche, ni de chaos. Enfin.
dimanche 26 décembre 2010
Entretien avec Laure MEZARIGUE
1°) Un premier roman est la découverte d’un style et d’une auteure. Comment te présenterais-tu en quelques mots ?
Je suis un auteur humoristique. C’est très difficile de faire rire, mais pour moi c’est la voie la plus noble pour atteindre le cœur des gens. Le comique est souvent minimisé et décrédibilisé en raison de la forme employée pour véhiculer des messages, mais je ne connais pas de moyen plus désarmant et plus fort pour toucher quelqu’un. Les messages d’humour sont souvent des messages d’amour d’ailleurs, à mes yeux. L’une des modalités humoristiques que je travaille le plus consiste à faire naître le rire de situations de contraste. D’ailleurs, celui qui maîtrise cela, a tout compris à mon sens. Les frères Astier, par exemple, exploitent parfaitement ce mécanisme dans des séries comme « Kaamelott » ou « Hero Corp » : un super héros qui fait des bulles de savon en guise d’attaques, c’est juste énorme. Sinon, j’aime bien frapper le lecteur au moment où il s’y attend le moins, c’est mon côté sniper. Le rire doit être franc, généreux. Le lecteur doit se marrer à s’en décrocher la mâchoire, sinon, on passe à côté. Le meilleur test, c’est lorsque je me relis et que je ris moi-même de ce que j’ai écrit. Là, je sais que j’ai atteint mon but. Et lorsque je parviens au fou-rire, sous le regard souvent médusé de mon entourage, alors, je sais que j’ai gagné.
2°) Quelles sont tes références littéraires ? As-tu des grands auteurs en tête ?
J’aime beaucoup Carlos Ruiz Zafon, je trouve que « L’Ombre du vent » est l’un des meilleurs romans qu’il m’ait été donné de lire ces dix dernières années. Sinon, je lis beaucoup de romans policiers. Dennis Lehane n’est jamais très loin de ma table de chevet et, dernièrement, j’ai découvert Jesse Kellerman : la construction narrative et la fin de son roman « Les visages » sont remarquables. Bon, il a le même âge que moi et j’ai eu vaguement l’envie très cordiale de lui mettre trois balles dans la nuque tant son talent m’a exaspérée. Mais passé ce moment d’égarement, j’ai convenu avec moi-même de lui laisser la vie sauve pour avoir le bonheur de le lire à nouveau. Sinon, côté classiques, j’admire des auteurs comme Faulkner, John Kennedy Toole et Céline. Faulkner est vraiment la référence ultime pour moi. Avec le flux de conscience, il a inventé cette forme d’écriture inouïe qui se sert juste de la perception d’une émotion pour dicter à un personnage son discours intérieur. Le monologue de Benji dans « Le bruit et la fureur » a été une découverte littéraire majeure pour moi et ne cesse encore de me hanter lorsque je tente, à ma toute petite échelle, de reproduire l’effet d’un ressenti sur l’un de mes personnages. Enfin, j’ai été dans une autre vie étudiante en littérature africaine et je nourris un amour sans borne pour des auteurs comme Hampâté Bâ, Monenembo, Kourouma ou encore Sassine.
3°) As tu des rites lorsque tu écris?
Oui. Je me mets toujours en condition en écoutant de la musique. Ensuite, je m’emmitoufle dans ma couette d’écriture (C’est bien simple, en ce moment, j’ai trois couettes : une pour chouiner, une pour dormir et une pour écrire. Les trois couettes en question n’étant pas forcément localisées au même endroit… C’est super important de bien savoir répartir ses couettes chez des gens de confiance dans la vie, tu sais…) Donc je me mets en position de combat pour écrire, sous ma couette d’écriture, le portable sur les genoux, le chat effectuant, une fois de temps en temps, un vol plané dans la pièce quand il devient trop envahissant et je me sers de l’état émotionnel produit par la musique pour écrire. En ce moment, je suis dans une période plutôt classique. Chopin, Schubert, Schumann et Satie sont mes compagnons d’écriture du moment. Il y a pire, je crois, comme potes de chambrée. Pour « Les Chroniques d’une pieuvre », en revanche, j’ai écouté en boucle Alain Bashung, Rufus Wainwright, les Tindersticks, Les Clashs, Nina Simone ou encore Bowie. Ils m’ont transportée et accompagnée jusqu’à la fin du bouquin. La musique est indissociable de mon écriture, de ma façon d’être, de ma vie.
4°) Tu arrives à mêler l’ironie, la tristesse et la sensualité avec brio dans tes écrits. Est ce que l’écriture est pour toi automatique ou le fruit d’un long travail ?
L’écriture est, pour moi, avant tout le fruit d’un long travail. J’écris un premier jet sous un afflux d’émotions (allégresse, tristesse etc…) et ensuite je les ciselle jusqu’à obtenir l’effet voulu. J’ai fait de la sculpture pendant quelques temps et je reproduis exactement la même chose en écriture. Je travaille une première forme qui me parle, puis je la peaufine et gomme les aspérités pendant des heures, des semaines, voire des mois. Ce sont les finitions. Je n’atteins jamais la perfection, c’est impossible. Mais au moment où je me sépare de mon livre et qu’il ne m’appartient plus, j’ai moins peur de la réaction de l’autre, parce que j’ai fait tout mon possible pour lui rendre un travail de la meilleure facture qui soit, à mes yeux.
5°) Tu partages tes écrits sur la toile à travers ton blog (http://tentaculture.typepad.com/). Quel regard porte la jeune auteure que tu es sur les nouveaux supports de communication des auteurs pour se faire connaître (blog, réseaux sociaux, …) ?
Effectivement, je tiens un blog et me sers de Facebook et de Twitter pour diffuser mes textes depuis mon site. Je trouve que ce sont des outils de communication indispensables pour mener à bien sa diffusion, surtout lorsque l’on est en auto-publication, comme c’est mon cas. Et puis, la plupart du temps, les réseaux sociaux sont des accélérateurs de particules qui vous amènent à rencontrer rapidement des lecteurs en chair et en os. Mais je ne vais pas forcément chercher à vendre mes livres à quelqu’un. Je vais toujours, dans un premier temps, l’inviter à aller voir mon travail, afin qu’il se fasse une première idée. Et si ce qu’il a entrevu lui a plu, alors il peut aller commander mon bouquin. Les réseaux sociaux sont donc, pour moi, une mise en bouche progressive de mon lecteur. Si ce qu’il pioche dans le menu lui convient alors il peut aller jusqu’au dessert. Mais cela reste son choix.
6°) Quels sont tes projets d’écriture ? Est ce que la confidentialité est de rigueur ou peux-tu nous les évoquer?
Actuellement, j’écris mon second roman qui s’appelle « L’agrément ». Il raconte la journée peu ordinaire d’une inspectrice du travail qui va rendre visite à une association chargée d’insérer professionnellement des gens en très grande difficulté psychologique. Et ce voyage dans la vie peu banale de personnes qui doivent apprendre à gérer quotidiennement leur folie va lui en apprendre beaucoup plus long sur elle-même que toutes les thérapies au monde.
Avec Martine PAGES et Laure MEZARIGUE, nous nous sommes lancés dans l'aventure magnifique du twinome! C'est pour celà que je vous invite à découvrir l'entretien réalisé de Martine PAGES également en suivant ce lien!
http://clementchatain.blogspot.com/search/label/Martine%20PAGES
Merci à vous tous de nous suivre dans cette belle histoire!
Entretien avec Marie Laure BIGAND
1°) Dans quelles conditions écris tu ? As-tu comme certains auteurs des rites bien particuliers sans lesquels tu ne pourrais pas écrire ?
Alors non, je n’ai pas de rites. J’écris dès que j’ai un moment. Je peux écrire parfois tous les jours, et puis à d’autres moments rester plusieurs jours sans une ligne. Cependant lorsque j’ai un roman en cours d’écriture, mes personnages ne me quittent jamais. Lorsque je suis dans un entre-deux, c'est-à-dire un roman terminé, et le suivant pas encore entamé, je me sens très seule, mais ce temps-là est nécessaire pour digérer la perte de mes personnages avec lesquels j’ai passé tant de temps. J’aime aussi écrire des petits textes courts, qui eux viennent sans prévenir ; mais à ce niveau-là j’ai remarqué que je fonctionnais vraiment par période, des périodes d’inspiration. Lorsque ces périodes me quittent un peu je ne m’affole pas car je pense que ce « vide » est nécessaire pour rebondir et se ressourcer.
2°) Un roman est toujours un mélange complexe d’anxiété et de bonheur, comment as tu vécu son édition et comment vis tu sa deuxième naissance ?
« Le premier pas » est mon deuxième roman. Même s’il y avait eu avant un premier roman, il a fallu que je cherche à nouveau un éditeur. Une fois que mes envois étaient partis et que j’étais dans l’attente, je suis très vite repartie sur un nouveau projet. C’est essentiel pour faire face aux réponses négatives qui sont inévitables. Ce n’était pas vraiment de l’anxiété mais l’appréhension que tout s’arrête. Et puis, j’ai eu la chance d’avoir trois réponses positives pour ce deuxième roman. Il a donc eu une première vie, un peu compliquée. Ma deuxième éditrice a fermé, mais entre-temps j’avais eu la chance de trouver celle qui est aujourd’hui mon éditrice : « Laura Mare ». J’ai publié avec elle mon troisième roman « D’une vie à l’autre », et pour elle mon roman « Le premier pas » se devait d’exister à nouveau. Elle m’a donc proposé sa réédition. Je ne la remercierai jamais assez pour ce beau cadeau. Et je vis cette nouvelle aventure aussi intensément qu’à sa première parution, parce que voir son livre prendre vie est la meilleure des récompenses pour un auteur.
3°) Le premier pas aborde des thèmes complexes comme la séropositivité. Est ce que je me trompe en disant qu’il y a au delà de ce roman, un vrai message ? Si oui, peux-tu nous l’évoquer en quelques mots ?
Beaucoup de choses m’intéressent. Pourquoi avoir abordé le problème du Sida ? Je ne sais pas vraiment… Ce thème-là me tenait à cœur. L’idée qu’une de mes héroïnes soit blessée par le regard des gens s’est alors imposée. J’ai lu beaucoup de témoignages, dont celui d’une infirmière qui a travaillé durant trois années dans un service avec des sidéens en fin de vie. Durant des semaines, j’ai lu tout ce que j’ai pu sur ce sujet. Il était important que je m’imprègne de l’état d’esprit des personnes séropositives. Après, l’histoire est venue d’une manière très naturelle. Et c’est au lecteur d’y trouver un message ou pas. J’invente des histoires, pas pour faire passer un message, mais pour raconter des vies que l’on peut, peut-être, croiser un jour…
4°) As tu des projets littéraires et peux tu nous en parler un peu ou cela est-il confidentiel ?
Rien de confidentiel. Je viens de terminer mon quatrième roman, et maintenant je le relis pour tenter de l’améliorer le plus possible. C’est un gros travail mais il est indispensable. Ensuite je le soumettrai à mon éditrice, et c’est là que je serai anxieuse. Lui plaira t-il assez pour qu’elle en accepte la publication ?
L’idée du cinquième commence doucement à se profiler, mais rien de définitif encore…
5°) Quelle est ta vision de la littérature contemporaine ?
J’écris mais j’adore lire, impossible pour moi de ne pas avoir un livre en cours de lecture. Il y a de la très bonne littérature. Pour moi c’est lorsque je referme un livre et qu’il me faut un moment pour me remettre de la lecture parce que j’ai été emportée et que l’écriture m’a happée. Et puis, bien sûr je suis déçue parfois… Aujourd’hui il y a de plus en plus de livres et de moyens de publications, et je trouve que c’est un peu difficile pour le lecteur de s’y retrouver. Je suis aussi très attentive aux critiques que je peux lire ou entendre.
Il y a d’excellents écrivains contemporains, mais heureusement les goûts des uns ne sont pas les goûts des autres, ce qui laisse la place à un large éventail.
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